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Maillage bleu

Projet de creusement de mares (2018)

Le triton crêté est une espèce dont la répartition en Wallonie a nettement régressé ces 40 dernières années. Sur Gembloux, seules 2 populations sont connues actuellement : une sur Grand-Manil et une autre sur Bossière. A cet endroit, il a été récemment découvert que les tritons crêtés se reproduisaient dans une mare située en prairie le long de la rue des Grands Ha. Une partie de ces tritons migrent en provenance de l’est et doivent donc traverser ladite rue des Grands Ha, source d’une importante mortalité. Situé en zone de présence du triton crêté, le présent projet de creusement de mares vise, outre le renforcement du maillage écologique local, à créer de nouveaux sites potentiels de  reproduction pour ces tritons sans avoir à traverser la route des Grands Ha. Pour rappel, le triton crêté est une espèce d’amphibien strictement protégée en vertu de l'annexe IVa de la Directive 92/43/CEE et de l'annexe II de la Convention de Berne ; en outre, en Région wallonne, cette espèce est reprise dans l'Annexe 2a du décret du 06 décembre 2001 modifiant la Loi du 12 juillet 1973 de la Conservation de la Nature (Article 2). Plus largement, les mares sont en nette diminution en milieu rural depuis quelques décennies. De manière concomitante avec leur disparition, c’est toute une cohorte d’espèces animales et végétales qui sont dès lors menacées. L’acte de création d’une mare participera donc activement à la préservation de la biodiversité locale.

Descriptif du projet

L’ancienne peupleraie visée constitue un habitat humide très favorable au creusement de petites mares. En effet, le sol est marécageux ce qui indique que la nappe phréatique locale est très superficielle. L’eau sera donc présente toute l’année.La parcelle est actuellement en voie de recolonisation par des aulnes glutineux. Pour éviter un comblement trop rapide des pièces d’eau, favoriser leur ensoleillement et pour faciliter le passage de machines, il conviendrait de ménager une clairière à l’intérieur de laquelle seraient creusées les mares. Cette clairière pourrait prendre la forme d’un triangle, dont la base ferait 50m, le long du cours d’eau et 60m de côtés en direction du nord, vers le talus du chemin (soit une surface d’environ 1200m²). Plusieurs mares pourraient être envisagées dans cette clairière : une grande et d’autres plus petites, configuration très favorable aux tritons crêtés (cf carte ci-après, formes, tailles et positions indicatives, à convenir). Les terres excavées pourraient servir à combler les drains créés lors de la mise en place des peupliers.
Ceci permettrait de renforcer le caractère humide du site et donc son intérêt et attractivité pour les
batraciens et autres organismes inféodées à ces milieux. Aucune remise en état et exportation de
terre ne seraient nécessaires, la perturbation du milieu créant en soi des conditions d’habitat très
favorables en regard du but recherché. Les arbres qui auront été abattus (tous de petit diamètre)
pourraient également être laissés sur place afin de renforcer la capacité d’accueil du milieu
(disposition en andains ou en tas s’ils sont recoupés en morceaux). Leur exploitation en bois de
chauffage est également envisageable.

Aspects financiers
Administrativement il convient de rentrer une demande de permis d’urbanisme pour le
déboisement ( ?) et pour le creusement des mares (coût = 150 euros TTC).
Concernant le creusement des mares, il faut habituellement compter entre 700 et 800 euros HTVA
par jour de machine. Dans le cas présent, étant donné que les mares sont très rapprochées l’une de
l’autre et qu’il ne sera pas nécessaire de réaliser des profils de berge très soignés (à convenir
néanmoins), le temps de travail ne devrait pas excéder une journée.
Ensuite, on estime qu’il faut compter environ 2 jours de travail pour une équipe de 2 personnes afin
de préparer la zone : abattage et déplacement-découpe-exportation des arbres coupés. En prenant
un tarif horaire de 32 euros TTC, le coût s’élèverait à environ 1000 euros.
Au final, le budget global d’un tel projet devrait avoisiner un montant maximal de 2.200 euros TTC.
Aides financières possibles
La parcelle n’est pas inscrite dans le réseau N2000 wallon. Toutefois, elle est reprise dans la Structure
Ecologique Principale (SEP) et est dès lors éligible, dans le cadre d’un aménagement en faveur de la
biodiversité (ici une restauration d’habitat humide), pour l’obtention d’un financement via le
Programme Wallon de Développement Rural (PwDR 2014-2020, mesure 7.6).


Plus d’info : http://agriculture.wallonie.be/